Et ma main vengeresse est retombée vaincue

5 Août 2018 | 7 commentaires

Dans les récits de fessée, beaucoup d’attention est portée aux préliminaires : la tension érotique qui précède le châtiment, son annonce, et bien sûr le déculottage sont des étapes aussi troublantes que la fessée elle-même.

En revanche, il est plus rare qu’on s’attarde sur l’autre bout du parcours : la fin de la fessée, et ce qui se passe juste après la fessée. La plupart du temps, la conclusion d’un récit de fessée est vite expédiée. Elle peut se résumer par : « il/elle comprit la leçon ». Ou bien: « ils s’envoyèrent en l’air ».

Et pourtant il s’en passe, des choses, dans la tête et dans le corps des protagonistes quand une fessée touche à sa fin.

Au début, la fessée a fait mal, peut-être même très mal. Mais petit à petit, si tout s’est bien passé, la douleur s’est estompée. Elle a cédé la place à une sorte d’état mental second, un Nirvana de fessée rythmé par les claques et les soupirs.

A ce stade, la personne fessée ne ressent plus aucune douleur. Elle éprouve une sensation de profonde relaxation. Elle ne pense plus à rien. Elle est la fessée. Ou bien alors, autre possibilité, la fessée a déclenché en elle une excitation sexuelle volcanique, un cataclysme dont l’éruption incontrôlée est la seule issue possible.

Quel que soit le cas de figure, la fessée ne saurait s’arrêter abruptement. Elle aura beau avoir duré très longtemps, la personne qui la donne aura beau être fatiguée et avoir la paume en lambeaux, ses obligations de pilote ne s’arrêtent pas au décollage et au maintien de l’altitude de croisière. Il lui faut aussi atterrir. Et gare au crash landing, qui pour la personne fessée peut s’avérer aussi frustrant qu’un orgasme avorté.

 

Fessées d’une heure

 

Certains, de façon délibérée, s’arrêtent de fesser sèchement et expédient leur « victime » au coin, probablement les fesses à l’air, pour une mise en pénitence d’une durée plus ou moins longue. Une telle conclusion se prête bien aux jeux de rôles stéréotypés dans lesquels, par exemple, une étudiante fautive est sévèrement corrigée par son professeur, une secrétaire par son patron, ou l’inverse. Elle ne tolère aucun débordement, aucune manifestation de douceur ou d’affection puisque l’atmosphère strictement punitive fait partie du script. Je comprends que certains puissent y trouver leur plaisir. Je n’irais pas jusqu’à dire que cela ne me fait ni chaud ni froid, mais n’étant pas moi-même un grand amateur de jeux de rôle ce n’est pas trop mon truc.

Une fessée réussie dure longtemps. Il m’est arrivé de donner et de recevoir des fessées d’une heure, voire plus.

Dans ces cas-là, en fin de parcours, la fessée n’a plus rien d’un châtiment douloureux. Si tout s’est bien passé, la personne fessée, anesthésiée par une dose massive d’endorphines, est à la limite de la transe, ou tout du moins se trouve dans un état mental proche de l’apesanteur. La personne qui fesse, elle, est tout aussi heureuse, mais menacée d’épuisement. De plus en plus souvent, aussi bien pour se reposer la main que pour envoyer le message que la conclusion est proche, elle entrecoupe les rafales de claques d’une séance de caresses. Imperceptiblement, les phases de réconfort se font plus longues que les phases de châtiment. Jusqu’au moment final où, comme dans la chanson de Brassens, la fessée n’est plus qu’une seule et longue caresse, jusqu’au moment où le ou la spankee se dégage doucement et, la culotte encore aux genoux, vient se blottir dans les bras de son complice. Le calme, le silence et l’harmonie qui s’en suivent n’ont d’égal que les moments magiques qui suivent l’amour. Si la relation entre les deux partenaires va au-delà de la fessée, c’est là que commence le chapitre suivant. Les autres s’en tiendront là… du moins jusqu’à la prochaine fessée.

Il y a longtemps, j’ai connu la crème de la crème : la fessée amoureuse, celle qui se termine en baisers et en parties de couette ébouriffantes. Et, beaucoup plus rarement, la fessée orgasmique, tellement délicieuse qu’elle déclenche la jouissance pendant son déroulement. Pour de nombreuses raisons, j’ai fait mon deuil de tout cela depuis pas mal d’années. Mais même lorsque les choses ne vont pas plus loin, les douces et paisibles fins de fessée figurent parmi les moments que j’aime et recherche le plus dans l’existence.