Fessée et colère

22 Juil 2018 | 9 commentaires

La fessée, chez moi, est quelque chose de 100% érotique, impossible à mélanger avec des émotions négatives. Je n’ai jamais fessé quelqu’un sous l’effet de la colère. Je n’en ai jamais éprouvé l’envie. Etrangler la personne qui m’énerve, l’assommer, l’envoyer devant le peloton d’exécution, l’écarteler, lâcher une bombe atomique sur sa tête, ça oui, comme tout le monde je crois, il m’arrive d’en rêver. Mais la fesser, non. Car la fessée telle que je la pratique ne saurait être un acte de fureur ou de vengeance. C’est un acte d’amour.

Et pourtant, comme tout dans ce fantasme si particulier, la frontière entre fessée rageuse et fessée érotique peut s’avérer équivoque.

Demandez aux brats. C’est par ce mot qu’on désigne, dans la monde « spankophile » anglo-saxon, ce qu’on pourrait traduire en français par « une peste » : quelqu’un qui mettra tout en œuvre pour provoquer son partenaire, l’exaspérer, lui désobéir, le faire sortir de ses gonds, dans le seul et unique but de s’attirer une cuisante correction.

 

Cocktail explosif

Si la brat agit par jeu depuis le début et que son partenaire en a conscience, alors pas de problème : la fessée qu’elle déclenchera par son comportement insupportable sera elle aussi un jeu, sans aucune ambiguïté.

Mais il arrive aussi que le désir de recevoir la fessée s’entremêle avec un véritable conflit au sein d’un couple, et que ce désir soit d’autant plus brûlant et impérieux que l’animosité est réelle. Un cocktail explosif, en quelque sorte.

Une lectrice brat me fait part de ses relations avec son mari, propos que je retranscris ici avec son accord: « Quand on se dispute, et bien il crie, il s’énerve et va faire un tour », m’écrit-elle. « Il a souvent raison quand il se fâche contre moi et dans ces moments-là, je voudrais tellement qu’il me sermonne sans hurler et qu’il me mette sur ses genoux pour m’administrer une bonne fessée afin que je puisse me libérer de mes tensions et m’abandonner… J’ai besoin d’être cadrée et maîtrisée pour m’empêcher de divaguer, me sentir sécurisée. Je n’ai jamais réussi à lui avouer ».

En pareil cas, une certaine dose de furie peut être nécessaire dans la fessée pour que celle-ci réponde pleinement aux besoins de la personne qui la reçoit. Qu’elle se sente vraiment punie, recadrée, remise à sa place, et trouve ainsi la sérénité qu’elle recherche. Toute la difficulté consiste alors à viser le juste point de basculement entre violence conjugale et fessée érotique… et à ne pas le manquer ! Le contraire serait inacceptable.

Pas de fessée sur un coup de sang

 

La même lectrice me raconte ensuite une dispute au cours de laquelle elle s’est montrée, en public, particulièrement odieuse avec son conjoint. Lequel, à son grand désespoir, a réagi en refusant de lui adresser la parole pendant plusieurs jours.

« Et vous ? Comment auriez-vous réagi face à cette situation ? » me demande-t-elle.

Difficile question (même si, connaissant le goût secret de cette lectrice pour la fessée, je pars avec une longueur d’avance sur le mari pour ce qui est de la réponse).

Pour commencer, ce dont je suis sûr, c’est que je n’aurais pas fessé ma femme sur un coup de sang. Cela aurait constitué un acte de violence dont je suis totalement incapable. Comme je l’ai dit, donner la fessée est pour moi un acte d’amour, quelque chose de purement sensuel : tout comme je n’ai jamais offert des fleurs à mon pire ennemi, je n’aurais jamais la moindre envie de pratiquer un jeu érotique avec quelqu’un qui me met hors de moi.

Emotions fortes

 

Nous aurions donc commencé par régler nos comptes comme des adultes, c’est à dire, une fois le temps de bouderie réglementaire écoulé, par une franche et ferme discussion. Nous aurions pris tout le temps qu’il aurait fallu pour cela.

Mais une fois toute la bile déversée, les esprits un peu calmés et la dispute en voie d’extinction, nous serions passés à la deuxième phase.

A ce stade, les nuages noirs de la colère se seraient déjà bien éloignés, sans pour autant se dissiper totalement. Attisé par les émotions fortes, le désir commencerait à grimper en flèche de part et d’autre. Le cocktail volatil de l’envie de fessée et de la colère pourrait alors exploser, mais de façon contrôlée.

 

La gifle avant la fessée

 

A ce moment-là, je la giflerais. Oui, vous avez bien lu : je la giflerais. Je lui administrerais une belle et surprenante gifle qui claquerait sec, anéantirait ses dernières défenses et marquerait le début du second round, celui de la nécessaire correction.

Elle pousserait un petit cri de surprise et se tiendrait la joue tout en baissant le regard. Sans doute aurait-elle les larmes qui lui monteraient aux yeux, trahissant sa capitulation imminente.

Sans transition, je la saisirais fermement par le poignet. D’une voix calme mais ferme, je la gronderais. Je la forcerais à baisser la tête, à dire à haute voix qu’elle mérite la fessée. Je l’enverrais dans sa chambre en lui ordonnant de m’attendre à plat-ventre sur le lit, jupe retroussée et culotte baissée. Ou bien entièrement nue. Et de méditer sur son comportement.

« Je mérite une correction »

 

Au bout d’un long moment, je la rejoindrais et je lui ordonnerais de me communiquer le résultat de sa méditation. Elle devrait admettre qu’elle s’est mal comportée, s’excuser, avouer que j’ai raison, promettre de ne plus recommencer. « J’ai besoin d’être punie », dirait-elle. « Je mérite une correction ».

Alors viendrait le moment de la catharsis. Je l’installerais sur mes genoux et lui administrerais une terrible et interminable fessée, d’une heure peut-être, jusqu’à lui arracher des cris, des larmes et des râles de plaisir et de souffrance. Jusqu’à ce que des gouttes de sueur perlent sur mon front. Jusqu’à ce que ma main demande grâce. Et puis nous ferions l’amour avec une rage égale à celle de la correction toute récente. Les fesses brûlantes, elle serait secouée par un orgasme extrême et libérateur.

 

Punition vestimentaire

 

Et cela ne s’arrêterait pas là.

Pendant toute la journée, voire peut-être plus, je lui infligerais une punition vestimentaire. Je l’obligerais à porter une tenue courte et sexy, jupe ou robe, réservée à cette circonstance, et sans petite culotte. Porter cette tenue de punition, alliée à la lancinante brûlure de la fessée reçue, lui rappellerait en permanence son mauvais comportement et ses conséquences.

Bien sûr, nous restons ici dans l’univers du fantasme. Je n’ai jamais vécu une scène pareille, et faibles sont les chances que je la vive un jour, malheureusement.

Mais j’ai moi aussi connu des fessées libératoires, celles qui suivent immédiatement la réconciliation après une querelle de couple. Des deux côtés de la barrière d’ailleurs : il m’est parfois arrivé de réclamer la fessée lorsque je savais être en tort. Et, en la recevant, d’avoir atteint l’extase absolu.

Au sein d’un couple sur la même longueur d’ondes question fessée, l’envie d’un châtiment corporel est souvent à son comble quand une dispute se dissipe. La correction alors appliquée peut se révéler divine. Et les moments qui la suivent apaisants comme un soleil de juillet caressant l’herbe trempée après une pluie d’orage.